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WISAMO, la voile qui révolutionne le transport maritime

« Wisamo, c’est une réalité, c’est une solution de propulsion innovante par le vent développée par Michelin pour contribuer à décarbonner le transport maritime. » 

Gildas Quemeneur - CEO WISAMO Michelin

Mais que trouve-t-on derrière l’acronyme WISAMO ? L’expression Wing Sail Mobility ou mobilité par voile. En résumé : “c’est une aile d’avion qu’on met verticale,” selon Benoît Baisle Dailliez, ex-leader du projet à son lancement. Et plus concrètement, c’est une aile gonflable, rétractable et automatisée, s’installant sur les navires marchands et de plaisances.

WISAMO veut en effet tirer partie de l’éolien, summum de l’énergie ultra-verte, pour contribuer à décarboner le transport maritime en adaptant des voiles gonflables sur des navires existants, notamment les cargos. Cette initiative s’inscrit dans l’approche “tout durable” de Michelin, qui a pour objectif de trouver l’équilibre entre personnes, planète et performances économiques. À la clé ? Une croissance durable pour l’entreprise, avec une réduction des émissions de CO2 et un meilleur taux de matériaux durables présents sur l’ensemble de ses produits, avec l’ambition d’atteindre le Tout durable d’ici 2050.

Mais en attendant cette date clé, flashback à la naissance du projet. 

« L'aile Wisamo, contrairement aux autres projets, a l'avantage d'être entièrement automatisée. Une simple commande permet de la déployer et grâce à son mât rétractable, on peut tout aussi facilement la replier »

Gildas Quemeneur – CEO WISAMO Michelin

WISAMO : à l'origine du projet

Le transport maritime peut sembler être un sujet surprenant pour Michelin, plus connu pour ses produits utilisés sur la terre ferme, pourtant le Groupe innove sans cesse pour croître au-delà du pneu. Et dans un environnement où les énergies fossiles s’avèrent de plus en plus coûteuses et polluantes, l’éolien, une énergie propre, non polluante et gratuite s’impose donc. Le transport maritime étant à l’origine de 3% des émissions de gaz à effet de serre sur la planète1, soit autant que le domaine de l’aviation, c’est une cible toute désignée. 

“Peut-être qu’on va pas voler dans les airs, mais on va certainement voguer dans les airs, et moi je souhaite que Michelin aille très très loin dans cette direction-là.” 

François Cadiou, PDG de BRS Brokers

Quant aux raisons qui ont poussé l’entreprise à développer cette fameuse voile ? C’est son savoir-faire dans les structures gonflables, son expertise en matériaux et la passion pour l’innovation d’une petite équipe agile et dynamique qui ont permis à Michelin de développer l’aile WISAMO. Une passion partagée avec Michel Desjoyeaux, embarqué dès le début du projet. Plongez dans l’émotion de deux passionnés grâce à l’épisode 3 du podcast Michelin “Passion(nés)”.

“Tout ça ça s’est passé en juin 2021 sur les rives du lac de Neuchâtel (...). On a mis le bâteau dans l’eau et on a enfilé le système dans le bâteau puisqu’il y a une partie du mât qui va dans le bâteau. Puis là tout de suite c’est assez magique parce qu’on a certes bossé dessus pendant longtemps, tout le monde y a mis beaucoup d’énergie mais on s’est tout de suite dit : c’est extraordinaire” retrace Michel Desjoyeaux, avec un enthousiasme contagieux.

À la tête de ce projet singulier dont l’idée de base était de créer “une grande aile gonflable pour les cargos” se trouve aujourd’hui Gildas Quemeneur. Projet singulier car si WISAMO peut en effet, de prime abord, sembler être une simple voile, il suffit de se pencher un peu plus sur cette technologie pour découvrir toutes les manières dont elle se différencie des bateaux à voile classique :

  • WISAMO peut être installée sur n’importe quel navire cherchant à utiliser l’énergie du vent. Elle peut donc être mise en place sur un navire conçu sans mât, qu’il s’agisse d’un cargo, d’un pétrolier ou d’un simple bateau de plaisance. 

  • WISAMO n’est en fait pas une voile mais une aile. Le vent ne pousse pas l’aile dans une certaine direction, elle “prend” le vent à la manière d’une aile d’avion : la force générée permet de propulser le bateau, comme un avion peut être propulsé dans les airs. Cette façon unique de gérer le vent permet ainsi à un bateau équipé de l’aile WISAMO de se diriger face au vent et de continuer à utiliser l’éolien en conditions adverses. 

  • L’aile est gonflable à basse pression par une petite soufflerie et rétractable grâce à un mât télescopique. La pression insufflée dans l’aile fait qu’elle s’avère et robuste car elle absorbe les chocs. Elle peut être déployée et repliée en quelques minutes seulement, comme observé lors des premiers tests sur des bateaux de plaisance.

WISAMO aujourd’hui, en route pour le futur

Au-delà de l’équipe R&D, répartie entre la France et la Suisse, le développement de WISAMO se poursuit sur les côtes atlantiques. Le célèbre navigateur Michel Desjoyeaux apporte son expertise et participe aux tests de l’aile prototype de 100m² en conditions réelles de navigation avec son propre bateau de plaisance. Ses retours, connaissances techniques et son réel engouement ont été partagés et permettent d’améliorer le système. Après des essais effectués sur les lacs Suisse en été, les tests continuent dans le Golfe de Gascogne et sur un navire de plus grande envergure. 


Une première étape dans l’installation et l’utilisation de WISAMO sur des navires commerciaux est en vue, dans le cadre d’un partenariat avec la Compagnie Maritime Nantaise. Une aile de 100m2 est installée sur le roulier “MN Pelican”, qui effectue deux rotations par semaine entre Poole, sur la côte sud de l’Angleterre, et Bilbao au nord de l’Espagne. Le but est de continuer les tests d’endurance de l’aile et d’appropriation par l’équipage.



L’ambition de WISAMO est de contribuer à décarboner le transport maritime. L’aile est particulièrement adaptée aux navires rouliers, aux vraquiers, aux transporteurs de gaz et aux pétroliers, et peut être installée sur des navires en opération ou en cours de construction. Pour cela, des ailes de plus de 500m2 sont en cours de développement. Cette volonté de créer une aile pouvant être installée en retrofit a ainsi conduit les équipes à rendre son installation et son utilisation aussi simples que possible, pour atteindre un niveau “plug and play”. Une simple interface avec commande à distance permettra à l’aile de se déployer et de se positionner automatiquement par rapport au sens du vent et à la direction du navire donnée. Ce système autonome, approuvé par Michel Desjoyeaux, permettra ainsi d’installer l’aile sur des cargos sans besoin de connaissance spécifique de la voile.

MICHELIN, partenaire essentiel de la mobilité durable

Au-delà d’une volonté de réduire son empreinte carbone, Michelin s’engage particulièrement pour une mobilité durable en la plaçant au cœur de sa stratégie. Le Groupe s’implique aux côtés de partenaires de Movin’On - un sommet mondial regroupant plus de 300 grands acteurs publics et privés, s’attelant à trouver des solutions stratégiques et innovantes en faveur de la mobilité durable. Le tout pour une économie maritime durable au travers d’une communauté d’intérêt sur l'Économie bleue, concept économique relatif à des activités économiques liées aux océans, aux mers et à leurs côtes.

Lancée en mars dernier, la communauté d’intérêt dont Michelin est un des leaders avec BNP Paribas, a pour objectif de dessiner les grands enjeux de l’économie maritime d’ici à 2050. Ses membres se sont réunis en 2022 pour explorer les risques et les opportunités qu'offrent les océans pour le développement des énergies renouvelables, l'avenir des ports et la résilience des littoraux. Innovations, projets, financements... Quels seront les événements de rupture et les grands enjeux au cœur de l'économie bleue durable ?
Le transport maritime étant nécessaire pour transporter ses pneus, il est logique pour le groupe Michelin de souhaiter décarboner en partie sa propre chaîne logistique. Son leadership technologique et sa capacité d’innovation en font un acteur clé en faveur du développement de nouvelles formes de mobilité, notamment dans d’autres secteurs que le pneumatique.

Michelin innove donc au-delà du pneu. Dans des domaines tels que le médical, l’impression 3D métal pour le secteur industriel, ou la mobilité hydrogène. Des projets toujours plus novateurs, en faveur d’une mobilité durable et résolument tournés vers l’avenir. 

1) https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2022/11/11/cop27-le-transport-maritime-un-secteur-polluant-qui-tarde-a-changer-de-cap_6149485_4355770.html#:~:text=La%20pollution%20du%20transport%20maritime,%25%20d'ici%20%C3%A0%202050